Jose Calderon : l’étoile filante

OFFICIELLEMENT, IL N’EST QUE LE SECOND MENEUR DES RAPTORS. ET POURTANT, JOSE CALDERON POURRAIT TRÈS BIENTÔT GOUTER AUX JOIES D’UN ALL STAR GAME NBA. LE MALHEUR DES UNS FAISANT LE BONHEUR DES AUTRES, L’IBERIQUE PROFITE AU MAXIMUM DE L’ABSENCE DE TJ FORD POUR MONTRER A TOUS QU’IL MÉRITE PEUT ETRE MIEUX QUE D’ETRE UN SIMPLE BACK-UP DE LUXE.

Le 12 décembre dernier, TJ Ford quittait (une nouvelle fois) le terrain sur une civière, fauché un plein vol par une grosse faute du rookie Al Horford. Il restera conscient, allongé sur le parquet, avant de partir sous l’ovation d’un public médusé. Bien qu’il ne soit pas vraiment le genre de joueur à se réjouir d’une opportunité aussi malsaine, Calderon s’est très vite rendu compte qu’il allait désormais être le « real boss » de l’équipe. Un rôle qui lui échappe depuis son arrivée dans la ligue en 2005. Après une carrière longue de six années dans le championnat espagnol où il se sera bâti une solide réputation de playmaker et un joli palmarès international (Médaille d’or du championnat d’Europe junior 1998, médaille de bronze des championnats d’Europe des moins de 20 ans & Champion du monde 2006), il décide de franchir le pas et de ne pas rater l’avion comme Macaulay Culkin.

CANADA, TERRE D’ACCUEIL.

Vol93 direction l’Ontario, ça change du soleil de Madrilène. Toronto, à l’orée de la saison 2005/06, c’est un peu un gros chantier en manque de fondations stables. Exit Jalen Rose, Donyell Marshall & Rafer Alston. Place à une équipe jeune et internationale, la reconstruction s’amorce derrière un nouveau leader, Chris Bosh, et une bande de jeunes dinosaures assoiffés de sang. Problème pour notre José préféré, l’improbable Mike James sort la saison de sa carrière avec pas moins de 20 points de moyenne (47% à 2pt, 44% à 3pt, oui c’est bien du James de Houston que je parle). Loin d’être un gestionnaire hors pair, James, devenu décérébré depuis son passage aux Wolves, partagera néanmoins son poste avec ce joueur beaucoup plus posé et moins gunner. Avec un temps de jeu de 23 minutes en moyenne, Calderon s’affirme comme un meneur solide bien qu’assez maladroit de loin. Pour les spécialistes le problème est mental puisque le joueur était une gâchette au TAU Ceramica. Néanmoins avec ses 5.5pts et 4.5 passes décisives, le jeunot commence à faire parler de lui outre-atlantique.

Eté 2006, l’Espagne bat la Grèce en final des championnats du monde. En véritable floor général des Gasol, Garbajosa et compagnie, Calderon se (re)prépare à conquérir les Etats-Unis. Seulement Sam Mitchell ne semble pas du meme avis et malgré des stats absolument géniales vu son faible temps de jeu (9ppg 5apg à 52% en 21min), José est toujours devancé dans la rotation. James partis, c’est cette fois TJ Ford qui a les faveurs du coach. Plus athlétique et showman, Ford devient très vite le chouchou du public reléguant Calderon au rôle de simple back-up de luxe. Seulement leur complémentarité est hallucinante, l’un scoreur et avide de jeu rapide, l’autre directeur en chef du parquet respectant à la lettre les systèmes du coach. A l’heure actuelle, aucun autre duo de meneur ne peut se targuer d’être aussi performant que nos deux Raptors. Quand l’un débloque, le « substitute » (dédicace à Vikash) prend parfaitement le relais. La concurrence reste très saine et aucun coup de crasse n’a été reporté depuis que les deux joueurs se côtoient au Canada. La faste année 2006 des Raptors permet également à notre protagoniste de découvrir les playoffs US. Malgré la défaite face aux Nets (4/2), Calderon hausse considérablement son niveau de jeu et affiche des stats proche des 13 points et 5 passes par rencontre. La Calderon Mania bat son plein au Canada.

LA CONSÉCRATION EN TANT QUE TITULAIRE

Malheureusement, à l’orée de la saison 07/08, Ford reste indéboulonnable, et à juste titre. Avec son début de saison canon (14.1 jordans & 7.8 Kidds), personne n’envisage de l’exclure du 5 au profit d’un espagnol au physique Stocktonien. Et pourtant… Ford en pleine incertitude suite à sa grave blessure, certains insiders US commencent à plébisciter Calderon pour le ASG de la Nouvelle Orléans (John Hollinger d’ESPN en tête). Qui l’aurait cru ? En regardant de plus près, la décision ne semble pas si illogique. A l’heure actuelle, Calderon titulaire c’est du 14 point, 10 passes décisives de moyenne et SURTOUT un ratio assist/turnover de génie : 6,15, soit 289 passes pour 47 TOs. Pour vous faire prendre conscience des chiffres en question, si le numéro 8 des Raps terminait la saison avec ce ratio, il bâterait tout simplement le record NBA détenu jusque là par Terrell Brandon (6,14 pour la saison 2001/02). Bien qu’il ait été snobé des listes d’élections pre-ASG, sa possible sélection fait de plus en plus jaser outre Atlantique. De plus le 6eme meilleur passeur de la ligue n’est sûrement pas non plus étrangé au réveil de Chris Bosh, un peu éteint en début d’année. Encore trop sous estimé au pays de l’oncle Sam, rien n’exclu qu’il soit le 2eme espagnole de l’histoire à être invité parmi l’élite du basket US. En attendant le retour de Ford, il récite ses gammes à la perfection tout en sachant qu’il perdra très certainement son statut de titulaire au retour de ce dernier. Une chose qui ne perturbe pas notre José, qui affirme que c’est dans l’ordre de choses et que les Raps ont besoin de Ford pour peser sur la Conf’ Est. Un mec bien en plus. Votez Jose Calderon.

THOMAS DELPIERRE

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